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Le compostage

2. Comment réaliser son compost

Ce dossier a été préparé par Amandine Degueil, responsable de la gestion des déchets à Vitré (Ille et Vilaine).

 

Aujourd’hui nous allons aborder les thèmes suivants :

  • la réalisation du compost ;

  • l’évolution du compost au fil des saisons ;

  • où composter chez soi ;

  • comment composter chez soi ;

  • quelques types de composteurs ;

  • le rappel des conseils pour avoir un bon compost.

  • Avant de réaliser notre compost, rappelons brièvement dans le tableau ci-dessous les principaux ingrédients qui entrent dans la composition.

    DÉCHETS DE JARDIN

    DÉCHETS DE CUISINE

    DÉCHETS MÉNAGERS NON ALIMENTAIRES

    - tontes de pelouse

    - fleurs et plantes fanées, mauvaises herbes

    - branchages et petites tailles de haies

    - pailles et foin, feuilles mortes

    - branches broyées, écorces d’arbres

     

    - épluchures de fruits et légumes

    - fruits et légumes abîmés coupés en morceaux

    - marc de café et filtres, sachets de thé

    - restes de repas

    - viande, os, poisson en petites quantités

    - coquilles d’œuf broyées

    - fleurs et plantes d'intérieur

    - sciures et copeaux de bois non traités

    - serviettes, essuie-tout

    - pas de mouchoirs en papier (microbes)

    -carton et papier journal coupés en morceaux (quand le compost est trop humide)

    Déchets bruns : riches en carbone  -   Déchets verts : riches en azote   -   Autres

    Pour obtenir une décomposition optimale des déchets, il faut veiller au bon équilibre entre les matières sèches (riches en carbone) et les matières humides (riches en azote).

    1. Réalisation du compost

    Lorsqu’on ne dispose pas d’un grand emplacement, on réalisera de préférence le compost dans un composteur. Mais il pourra être tout simplement constitué par un tas au fond du jardin.

    - Le printemps est la période idéale pour débuter la réalisation du compost.

    - Il faut qu’il soit ni trop à l’ombre, ni trop à la lumière, à l’abri du vent et surtout, en contact direct avec la terre.

    - Mettez, en guise de première couche, des branchages fins et de la paille. Celle-ci facilite le passage de l’air et attire les micro-organismes du sol (indispensables à la décomposition des déchets).

    - Diversifiez les déchets et réduisez leur taille (broyage). Vous offrirez ainsi un cadre propice à la vie des divers « décomposeurs ».

    - Aérez régulièrement avec une fourche ou le manche d’un balai.

    - Remuez sur 10 centimètres de profondeur de temps à autre.

    - Contrôlez pour éviter les odeurs désagréables ! Si le compost est trop compact (en été), rajoutez des matières humides (gazon, déchets de cuisines). Au contraire, s’il est trop humide (automne-hiver), insérez des matières sèches (papier journal, branches, feuilles mortes).

    - Mettre de la terre dans le compost va l'enrichir en micro-organismes, mais va surtout empêcher la montée en température du compost ! Il vaut donc mieux ne pas en déposer.

    - Le pissenlit et l’ortie en purin ou frais sont de bons activateurs naturels de décomposition.

    - À proscrire : certains déchets comme les excréments d’animaux (litière de chat) sont incompatibles avec un compost de qualité. En effet, les défécations des carnivores contiennent des germes pathogènes transmissibles à l’homme. Cependant, on peut tout à fait mettre la litière du cochon d’inde qui lui est un animal herbivore.

    2. Évolution du compost au fil des saisons

    L’hiver :

    La vie à l’intérieur du compost ralentit :

  • la montée en température, due à la décomposition des matières azotées comme les déchets verts, ne se fait plus. 

  • les apports s’entassent.

  • Ce qu’il faut faire :

  • remuer régulièrement pour aérer le contenu : il faut redonner de l’air aux bactéries et invertébrés

  • continuer à alimenter votre composteur

  • n’intervenir qu’en cas d’excès d’humidité ou de sécheresse

  • Deux dangers en hiver :

  • trop de tassement

  • trop d’humidité. Ce problème se pose moins si le compost est réalisé dans un composteur

  • . La solution est de remuer régulièrement.

    Le printemps :

    Le compost est en général tassé à la sortie de l’hiver, alors pensez à faire des cheminées verticales avec un manche à balai pour donner de l’air aux bactéries aérobies et aux invertébrés qui en ont besoin pour se développer.

    À cette époque, le jardin fournit beaucoup de déchets verts.

    - Faites attention à ne pas trop charger le composteur.

    - Pensez à mettre de la matière carbonée (paille, taille de haies, papier, feuilles mortes) entre chaque bac de tondeuse.

    Remarque : si, en serrant dans sa main un peu de compost, on remarque qu’il est humide, il faut rajouter des matières carbonées.

    L’été :

    En été, le compost a tendance à se dessécher. Il faut alors penser à l’arroser régulièrement. Deux à trois litres d’eau suffisent.

    Remarque : si, en revenant de vacances, le compost sent la paille c’est qu’il est trop sec.

    L’automne :

    C’est la saison des feuilles mortes. Pensez à les mélanger aux dernières tontes pour éviter de tasser le compost et avoir un bon rapport entre les déchets azotés et les déchets carbonés.

    Attention également au trop plein d’humidité ! Aération et déchets secs seront de bons remèdes.

    En règle générale sachez qu’un compost se gère à l’odeur :

    o s’il a une odeur boisée, alors il est sain.

    o S’il sent la paille, il manque de matières azotées, arrosez-le.

    o S’il sent le moisi, alors le compost est trop humide : il faut rajouter un peu de déchets bruns et du papier.

    3. Où composter chez soi

    Quelques règles à respecter pour la réalisation d’un compost sans problème :

  • installer la zone de compost dans un coin du jardin.

  • prévoir une zone de 2 m² minimum.

  • éviter les limites de propriété pour le respect des rapports de bon voisinage

  • éviter les creux où l’eau peut s’accumuler.

  • 4. Comment composter chez soi

    Il existe deux méthodes simples et peu contraignantes de compostage individuel :

    Le compostage en tas

    C’est une méthode qui consiste à regrouper les déchets directement sur le sol afin de former un tas de hauteur variable. Elle ne nécessite aucun équipement particulier.

     

    Le compostage en bac

    Cette méthode consiste à regrouper les déchets dans un « bac » ou « silo » à compost et nécessite pour cela l’acquisition ou la fabrication d’un composteur.

      

    5. Quelques types de composteurs

    Le composteur autofabriqué.

     

     

     

     

    Quelques types de composteurs du commerce

       

    6. Rappel des conseils pour avoir un bon compost

    Bien mélanger les différentes catégories de déchets.

     

    Bien aérer et brasser pour fournir de l’oxygène aux micro-organismes.

     

    Bien surveiller l’humidité.

     

    Bien surveiller le compost de façon générale.

     

    Et surtout… PRENDRE PATIENCE !!!

    La prochaine fois nous verrons comment utiliser ce compost