Un dia dab pepè
par Serge Degueil
Cette dernière rencontre magontine, qui s'est déroulée le 15 mars 2008, a surtout été la rencontre avec Jean Fritz solide gascon de souche, le béret bien vissé sur la tête et l’accent rocailleux du Béarn. Pendant près de deux heures il nous a conté l’histoire de la vie qui a conduit un petit garçon insouciant de la vallée d’Aspe à la vieillesse d’un grand-père confronté aux turpitudes de la vie moderne. Un dia dab pepè c’était plus qu’un jour. À travers les chansons de Nadau et les textes de Jean-Pierre Chabrol, nous avons découvert cet enfant qui avec son grand-père parcourt la montagne en regardant Sausat, partagé entre le désir de suivre le gave qui s’écoule vers des pays inconnus et le désir de rester dans sa vallée Saumon. Mais un jour, par un matin froid et gris d’automne, il devra quitter cette vie simple et heureuse pour aller au collège lo car de Sent Gaudens et ses parents iront habiter à la ville. Heureusement il y a la promesse du grand-père, qui a été obligé de les suivre dans cette nouvelle vie, de le ramener au pays en le tenant par la main. Bien sûr cet enfant deviendra un adolescent aura des problèmes avec Jausèp qui lui « pique » toutes les filles et enfin il trouvera l’amour à travers les appâts secrets de Joséphine Lo casau de Josefina. Bien sûr cette vie ne peut pas se dérouler sans les copains et les fêtes la hesta d’où l’on ne revient pas toujours « très clair ». Mais surtout il y a la famille, gens simples et discrets, qui sont ce qu’il faut qu’ils soient mais qui seront toujours le lien qui permet de garder ses racines.
Que son los mens, Drets sus la terra, Que van tôt doc, suu caminau, Lo camp laurat que huma enquëra, Que son los mens, los de qui eau. … Adishatz donc, tots los de casa, Siatz hardits, n'en soi pas mei, Que voli diser, en quauquas frasas, Co qui non disetz pas jamei. (voir traduction uniquement si nécessaire *)
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Pour terminer la soirée tous les convives, parmi lesquels de nombreux gascons, ont repris en chœur De cap tà l’immortella un chant d’amour et de liberté.
Un petit intermède autour d’une assiette gasconne (jambon du pays, terrine de pâté, saucisson sec…) arrosé de vin de Fronton pure appellation du pays a permis à Jean de reprendre souffle.
En partant, Jean, tu nous a dit Adishatz et nous te disons Adiu pour te montrer que nous avons bien retenu la leçon de gascon.
Jean-Marie Souquet nous a mis en relation avec Jean Fritz et l’association Échange du savoir, Patrick Darmaillac a organisé et supervisé cette soirée, Daniel Barrère a concocté l’intermède gourmand, Liliane Payen et Claude Fichben ont aménagé la salle, Serge Degueil a préparé le montage vidéo.
* Traduction :
Ce sont les miens,
Debout sur la terre,
Ils vont lentement, sur le chemin,
Le champ labouré fume encore,
Ce sont les miens ceux qui sont ce qu'il faut qu'ils soient.
…
Au revoir donc tous ceux de la maison,
Soyez forts, je n'en suis plus
Je voulais dire en quelques phrases,
Ce que ne vous dites jamais.
Album photos de la soirée
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