LE COMPOSTAGE INDIVIDUEL
Un geste essentiel pour la fertilité du jardin et pour l'accession à plus d'autonomie et de qualité de la vie.
PETIT AIDE MÉMOIRE
Composter, c'est mettre en place un organisme qui va digérer des matières organiques (végétales et animales) accompagnées d'éléments minéraux.
L'objectif est :
- de fabriquer un engrais naturel et équilibré.
- de fabriquer de l'humus, indispensable à la fertilité du sol.
- de participer au recyclage des déchets de cuisine et jardin.
Le compost nourrit naturellement le sol, qui lui-même va nourrir les plantes de façon équilibrée. Ces plantes vont à leur tour fournir une nourriture saine aux hommes, (sans oublier au passage, les animaux).
COMPOST à SOL à PLANTES à HOMMES
æ å
ANIMAUX
LES MATÉRIAUX :
Il convient de réaliser un mélange de matériaux se rapprochant d'une composition idéale carbone/azote = 25 à 30.
Extrait de : "Le Guide du jardinage biologique"de Jean-Paul Thorez :
Composition des matériaux du compost :
Pauvres en carbone et riches en azote |
De composition idéale:C/N=25à30 |
Riches en carbone et pauvres en azote |
-engrais vert (jeune) -foin de légumineuses -déjections animales -sang desséché ( et autres engrais organiques du commerce) -déchets domestiques : épluchures restes.etc... -tontes de gazon -fumier décomposé -fanes de tomates, choux, etc -algues marines (vertes ou brunes) -consoude, ortie. |
feuilles d'aulne, de frêne fumier (avec litière) -mauvaises herbes marc de café fanes de pomme de terre •broussailles fraîches (de préférence broyées) |
paille de mais, de blé et autres céréales broussailles et bois de taille broyés sciure de bois -papier et carton -tourbe -feuilles de chêne, de bouleau, d'érable |
NB : Les feuilles de châtaigniers, chêne, charme, tilleul conviennent dans tous les cas.
À EVITER :
Les déchets de viandes, matières grasses, produits laitiers ;
Les déchets et feuilles de thuya ou noyer ;
Les agrumes dont la peau a été traitée, en général en mettre très peu et découpés ;
Les déchets et feuilles d'arbres (pins) ou arbustes à feuilles persistantes (fusain, aucuba, laurier). Leurs tanins inhiberaient la fermentation du tas. Les laisser se décomposer à part ou pour pailler arbres, arbustes ou haies, mais pas les jeunes plants.
L'absinthe, qui bloque la fermentation du compost.
Le charbon de bois.
COMPOSTAGE EN TAS À CHAUD
- Mise en attente des matières organiques, avec, éventuellement, poudre de roche pour éviter les mauvaises odeurs.
- Quand il y a suffisamment de matériel (environ 1 m3) le tas peut être monté.
- Creuser un berceau de 15-20 cm de profondeur dans le sol, aux dimensions choisies : largeur environ 1,20 m, longueur selon la quantité de matières.
- En cas de sols filtrant sableux, répandre au fond une couche d'argile qui empêchera les jus de s'échapper et gardera ainsi l'humidité dans le tas.
- Ensuite pratiquer la méthode du "millefeuille", sans tasser les couches .sauf la paille, un peu
• Une couche de paille bien mouillée, éventuellement pré-tremper les pailles dans un bac,
• Ensemencer ensuite avec du fumier ou du compost ancien,
• Des déchets de cuisine, tonte de gazon, herbes, feuilles vertes, débris de pailles (passés à la tondeuse ou broyés),
• Du fumier si on en a : du bio à disposition, sinon des déchets animaux comme corne broyée, farine de poisson, phalippou (ou végéthumus),
• Saupoudrer de poudre de roche : dolomie, poudre d'algue, cendre, hyperphosphate tricaldque naturel,
• Rajouter un peu plus de terre ou de vieux compost,
• Mouiller au fur et à mesure, de telle façon que le tas ait la consistance d'une éponge mouillée pressée
• Puis recommencer cette succession jusqu'à épuisement du matériel disponible
• Ne pas dépasser le hauteur de 1 m à 1,20 m pour ne pas tasser les couches inférieures : il faut que l'air puisse passer dans le tas
• Arroser une dernière fois, puis recouvrir d'une "peau" : paille, tonte de gazon.
• Laisser ensuite évoluer le tas et ne rien y ajouter.
La température va monter jusqu'à 50°- 60° très rapidement puis décroître en même temps que le tas va diminuer de volume. Quand le tas ne chauffe plus, le retourner pour bien mêler intimement tous les constituants, en les arrosant si nécessaire et en mettant les éléments extérieurs du tas vers le centre.
Après la phase chaude où ce sont des micro-organiques (champignons, algues, bactéries) qui ont agi, c'est ensuite au tour des vers de terre (vers rouges du terreau) d'entrer dans le tas pour poursuivre sa transformation.
Déchets organique (végétaux, animaux + Poudre de roche |
+ |
Oxygène de l’air |
+ |
Eau |
+ |
Micro-organismes (phase chaude) |
+ |
Vers de terreau (phase froide) |
à |
Compost |
COMPOSTAGE EN SILO
Plus facile à mettre en place dans les petits jardins par manque de place et aussi de matières organiques en abondance en une seule fois.
DIVERS TYPES DE SILOS
- du commerce
- ou montés soi-même : voir ci-dessous :
Il est essentiel que le tas soit en contact avec la terre pour que les vers de terre puissent y entrer le moment venu.
Veillez aussi à ce que le tas soit à l'abri des intempéries (vent, pluie, soleil trop fort).
Le placer à l'ombre et le recouvrir (paille...)
Silos du commerce :
Il existe divers types de silos en plastique, vendus dans le commerce : arrondis ou pyramidaux tronqués avec des capacités de 1/2 à 2/3 de m3 : ou en bois avec assemblages divers :
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À monter soi-même :
Le grillage peut être remplacé par du lattis-roseau ou par des séries de planches avec intervalles libres pour aération |
Ci-dessus un montage simple, cité par Maria Thun dans son livre Pratiquer la Bio-Dynamie au Jardin Noter la position des piquets aux angles |
La procédure sera la même que précédemment si le silo est assez grand : dimensions se rapprochant du m3. Si le silo n'est pas assez volumineux et si les matières organiques sont apportées au fur et à mesure de leur obtention, réchauffement ne pourra pas se produire avec une intensité suffisante. La maturation sera plus longue. Il faudra retourner le tas souvent.
Dans tous les cas, essayer de garder un peu du compost précédent au bas du composteur pour amorcer la fermentation suivante.
INCONVENIENTS :
Les graines de mauvaises herbes, les parasites (œuf de limaces etc...) ne seront pas détruits par la chaleur.
PROBLEMES
ÉVENTUELS DE COMPOSTAGE• PAS DE CHALEUR
- Rajouter de matériaux plutôt azotés : compost mur, orties, purin d'orties, fumier (de cheval ou de vache), matières organiques animales.
• MAUVAISE ODEUR :
- Le tas est trop tassé et/ou mouillé.
- Il y a trop de matériaux azotés : déchets de cuisine, tonte de gazon tassées.
- Défaire le tas, rajouter de la paille ou des brindilles et de la poudre de roche (dolomie).
• TAS TROP SEC :
- Un feutrage blanc apparaît, les matières sont sèches.
- Arroser jusqu'à "éponge mouillée pressée"
- Rajouter des matériaux verts ou déchets de cuisine.
UTILISATION DU COMPOST
Bien observer l'évolution du tas, le humer, prendre des poignées de matières.
Lorsqu'une bonne odeur de sol forestier mouillé se répand, que la plupart des constituants ne sont plus reconnaissables, et que la couleur vire au brun marron foncé, le compost est prêt. Cela peut prendre selon la procédure et la saison de 2 à 6 mois ou plus.
Une fois mûr, le compost sera tamisé avec un grillage à poules. Le répandre, de préférence en automne pour bien préparer le sol pour la saison suivante, à raison de 2 à 5 kg/m² selon les besoins du sol et des cultures envisagées.
Attention : ne jamais enterrer ce compost. Il doit donc toujours rester en surface ou mieux mélangé à la terre de surface.
On le met à l'abri des intempéries. H peut, à la belle saison, servir d'engrais et de couvre-sol pour toutes les cultures. Avec du terreau de feuilles et de la terre, il conviendra pour les potées.
Pierre Gevaert et Guy Kieser